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Félix Blanc

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Félix Blanc est agrégé de philosophie et docteur en études politiques de l’EHESS. Sa thèse de doctorat, soutenue en juin 2014, s’intitule  « L’organisation des pouvoirs de paix et de guerre aux origines du gouvernement représentatif. Enquête sur l’invention du concours des pouvoirs en Angleterre, en France et aux Etats-Unis. » Elle porte sur la théorie de la séparation des pouvoirs dans les matières diplomatiques et militaires. Locke, Montesquieu et Rousseau ont essayé de rendre cette théorie philosophiquement compatible, en ces matières, avec la forme même du gouvernement représentatif. Déjà à leur époque, ces pouvoirs ne rentraient pas bien dans les grandes catégories de la pensée politique. D'abord, ces pouvoirs remettaient en cause la division entre fonctions législative, exécutive et judiciaire. La paix et la guerre relèvent en effet d'un autre type de partage des fonctions de gouvernement, comme en témoigne la Constitution américaine de 1787 qui distingue clairement le pouvoir de déclarer la guerre, celui de la conduire et celui de conclure les traités de paix. Ensuite, ces pouvoirs de paix et de guerre ne pouvaient pas être aisément distribués dans un système d'équilibre par freins et contrepoids, car son principe d'action n’est pas favorable à la représentation extérieure d'une nation souveraine. La fragmentation des pouvoirs aurait engendré des maux comme l'irresponsabilité et la lenteur des décisions, que ne manquèrent pas de souligner les pourfendeurs de la séparation des pouvoirs – au rang desquels figureront plus tard Joseph Barthélémy, Carré de Malberg et Carl Schmitt. Pour surmonter ces difficultés, les révolutionnaires américains et français, notamment Mirabeau et Hamilton, proposèrent un autre système de gouvernement, le concours des pouvoirs, afin concilier laséparation des pouvoirs avec leur nécessaire union dans les affaires diplomatiques et militaires. La thèse examine les justifications et la portée de ce principe « révolutionnaire » pour la théorie et l’histoire du gouvernement libre.

 

Félix Blanc poursuit actuellement ses recherches dans trois directions :

 

-          Une histoire conceptuelle des notions ayant un air de famille avec le « concours des pouvoirs », afin d’enrichir les théories de l’action collective, du droit public et des relations internationales. Il mène actuellement une enquête sur les concepts d’ « équilibre » et de « concert » des puissances tels qu’employés dans les débats précédant l’adoption du Traité de Vienne en 1815, notamment les controverses autour de l’abolition de l’esclavage et de la libre circulation sur les fleuves européens.

 

-          Une histoire conceptuelle des transformations du gouvernement représentatif aux lendemains des deux grandes guerres mondiales, à partir d’une analyse des débats autour des origines de la République de Weimar et autour de la Communauté Européenne de Défense. Le rôle des parlements dans les affaires diplomatiques et militaires y fut abondamment discuté, notamment dans la théorie constitutionnelle allemande (Weber, Schmitt, Preuss).

 

-          Une analyse des problèmes que pose la théorie de la séparation des pouvoirs face aux formes contemporaines de la guerre, qui sont un défi considérable pour les principes du gouvernement représentatif. Il aborde notamment les questions soulevées par l’encadrement légal du renseignement anti-terroriste, avec Luc Foisneau, Bernard Manin et Rui Pereira qui  animent un séminaire sur « l’État de droit face au terrorisme ».

 

 

 

 

 

Principales publications :

 

Livre :

 

Avec Vanessa Bernadou, Raphaëlle Laignoux et Francisco Roa Basto (éds.), Que faire du charisma ? Retours sur une notion de Max Weber,Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014

 

Articles :

 

« On what matter in social sciences and political debates. A contribution to Weberian parliamentary studies  », in Kari Palonen and  Jose Maria Rosales, Parliamentarism and Democratic Theory, London, Budrich, 2015.

 

« Max Weber, l’expérience de la guerre et la réforme constitutionnelle de l’Allemagne : vers un charisme institutionnel ? », Que faire du charisme ? Retours sur une notion de Max Weber, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014.

 

« De la force intrinsèque de l’argument. Le cas du débat constituant de mai 1790 », inCécile Vigour, Claire de Galembert et Olivier Rozenberg (dir.)Faire parler le parlement. Méthodes et enjeux de l’analyse des débats parlementaires pour les sciences sociales, Paris, LGDJ, 2014.

 

« Le péril imminent : ressource ou limite de la démocratie », paru dans Rhétorique démocratique en temps de crise, Actes du colloque, NICE 20-21 janvier 2011, mis en ligne le 15 mars 2013, URL : http://revel.unice.fr/symposia/rhetoriquedemocratique/index.html?id=846

 

« Swords without words : Menacer, est-ce agresser ? », in Cynthia Salloum et Benjamin Brice, Penser la violence collective, Nuvis, 2012.

 

« Que signifie « gouverner en temps de guerre » dans les régimes représentatifs ? », L'art de gouverner : questions éthiques et politiques, Peter Lang, 2013.

 

Traduction (en collaboration avec Annie Lherété) de « La paix libérale revisitée », de Michael Doyle in Jean-Vincent Holeindre et Geoffroy Murat (dir.)  La démocratie et la guerre au XXIe siècle. De la paix démocratique aux guerres irrégulières, Paris, Hermann, 2012, pp.43-77

 

« Le contrôle parlementaire des opérations extérieures : une réforme aboutie ? » Laboratoire de l’IRSEM,n°2, pp.71-76. Mis en ligne sur www.irsem.defense.gouv.fr/le 24 novembre 2011.

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Why does Inequality Matter ?

Journée(s) d'étude - Lundi 13 novembre 2017 - 09:00Le lundi 13 novembre 2017 aura lieu la Journée de discussion du manuscrit de Tim Scanlon, Why does Inequality Matter ? avec la participation de l'auteur. Cette journée aura lieu à la Maison Suger, salle de réunion, 16-18 rue Suger, 75006 Paris. Programme9h00 Accueil9h15 9h45h Luc Foisneau (CNRS – CESPRA),  Why should we care about inequality ? (Introduction)9h45 11h Han van Wietmarschen (UCL), Equal Concern & Equal Status (chap. 2 & 3)11h 11h15 Pause café11h15 12h30 Véronique Munoz-Dardé (UCL/Berkeley) et Rowan Mellor (UCL), Procedural Fairness & Substantive Opportunity (chap. 4 & 5)12h30 14h Pause déjeuner14h 15h15 Jean-Fabien Spitz (Paris 1), Political Equality, Liberty & Coercion (chap. 6 & 7)15h15 15h30 Pause café15h30 16h45 Joe Horton (UCL), Desert & Unequal Income (chap. 8 & 9)16h45 17h15 Tim Scanlon (Harvard), Final remarks Les personnes souhaitant participer à la journée devront s’inscrire auprès de Luc Foisneau (luc.foisneau@ehess.fr) et de Véronique Munoz-Dardé (v.munoz@ucl.ac.uk).Institutions partenaires : EHESS – CESPRA – FMSH

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Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis

Colloque - Jeudi 26 octobre 2017 - 09:30Le colloque « Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis » se déroulera le 26, 27 et 28 octobre 2017 à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Université Paris 7 Denis-Diderot.Cornelius Castoriadis disparaissait il y a 20 ans déjà, laissant à la postérité une œuvre importante et novatrice. Figure intellectuelle originale, il est à la fois célèbre et méconnu. Son nom est, et reste, le plus souvent, associé au groupe et à la revue Socialisme ou barbarie où, dans les années 1950 et 1960, s’est forgée l’une des analyses les plus lucides des régimes de type soviétique et une critique radicale du marxisme dans l'intention de sauver le projet révolutionnaire. La pensée de Castoriadis est, cependant, loin de se limiter à ce travail de théorie politique. Il a aussi élaboré, à partir des années 1960, une pensée proprement philosophique, révélée pour la première fois avec la publication, en 1975, de son maître-ouvrage, L'Institution imaginaire de la société, complété, par la suite, par les 6 volumes des Carrefours du labyrinthe.A partir de 1980, après avoir été élu directeur d’études à l’EHESS, il tiendra, dans cet établissement, 16 années durant, un séminaire de philosophie. Il y entreprendra une vaste enquête, inséparablement philosophique et historique, consacrée à ce qu’il nommait « la création humaine ». Celle-ci n’est pas, loin s’en faut, indépendante de sa théorie politique. Le projet socialiste, puis démocratique, en un sens radical du terme, se nourrit chez lui d’une pensée du social-historique, selon son expression, qui joue le rôle d’une philosophie fondamentale.Dans les ouvrages publiés de son vivant, Castoriadis traite de sujets de philosophie aussi bien que de politique, de psychanalyse aussi bien que d’économie, de sciences aussi bien que d’histoire grecque. Toutefois, sous cette apparente dispersion, la pensée de Castoriadis possède, sans prendre, certes, la forme d’un système, une grande cohérence. Ses concepts d’autonomie et d’hétéronomie, d’imaginaire social et d’imagination radicale, de chaos et de création, pour citer les plus évidents, informent toutes ses contributions, quel qu’en soit le champ disciplinaire.Le présent colloque proposera, à la fois, un hommage et une discussion sans complaisance. Les intervenants se confronteront à la pensée de Castoriadis en engageant une discussion avec elle.Spécialistes confirmés dans les champs de la politique ou de l’économie, de la sociologie, ou de la psychosociologie, de la psychanalyse ou de la philosophie, ils proposeront moins une évaluation globale de l’œuvre de Castoriadis qu’un examen de certaines de ses analyses en fonction de leurs propres thèmes de recherche et de leurs préoccupations personnelles. Loin des commentaires respectueux, il s’agira, à cette occasion, d’adresser à Castoriadis des questions susceptibles de mettre sa pensée à l’épreuve et, également, d’examiner les voies esquissées par cette pensée qui pourraient être reprises et prolongées de manière fructueuse. En un mot de soumettre à la discussion Castoriadis comme il le faisait lui-même avec les autres et comme il aurait aimé qu’on le fît avec lui – dans un esprit agonistique, parfois de manière polémique, mais, toujours, avec une force persuasive et une passion communicative peu communes.  

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Table ronde autour de Marcel Gauchet

Table ronde - Vendredi 06 octobre 2017 - 14:00Avec Le nouveau monde, quatrième et dernier volume de L’avènement de la démocratie, Marcel Gauchet aborde la transformation d’ensemble qui s’est engagée avec la crise économique des années 1970. Il propose une réponse à l’énigme de la perte de repères de ces dernières décennies : nous vivons la dernière et ultime étape de la sortie de la religion et découvrons en tâtonnant ce qu’implique le principe de la structuration autonome des sociétés. Derrière l’hégémonie de l’économie, la montée de la société civile et les droits individuels comme seule source de légitimité, le politique remplit un rôle instituant mais devenu invisible ; la mondialisation n’est pas seulement celle du marché, mais aussi celle de l’État-nation. En permettant d’articuler les différentes dimensions dans lesquelles se déploie l’expérience de ces sociétés autonomes, le diagnostic pose les bases d’un programme de travail destiné à renouveler l’intelligibilité du monde contemporain.Pour discuter d’un livre véritablement interdisciplinaire, des chercheurs inscrits dans différentes disciplines, de l’économie à la philosophie, engageront un dialogue avec l’auteur.Avec la participation de Marcel Gauchet, Frédéric Brahami (EHESS), Natalie Doyle (Monash University), Gaël Giraud (CNRS) et Nicolas Rousselier (Sciences Po). Débat animé par Sylvain Piron (EHESS)

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