La vie du laboratoire | Les Colloques et Journées d'études

Colloques à portée nationale

De la démocratie-régime à la démocratie-société : Perspectives croisées, entre philosophie politique et sciences sociales

Colloque organisé par le Centre d’Etudes Sociologiques et Politiques Raymond Aron (CESPRA), le Centre d’Etude des Mouvements Sociaux (CEMS) et la mention Etudes Politiques (EHESS)

 

Jeudi 27 et Vendredi 28 avril 2017 (9h-18h)

EHESS - Amphithéâtre François Furet

Entrée au 105 boulevard Raspail (Paris 06)

 

Présentation

« La philosophie et la sociologie, écrit Merleau-Ponty, ont vécu longtemps sous un régime de séparation qui ne parvenait à cacher leur rivalité qu’en leur refusant tout terrain de rencontre, en gênant leur croissance, en les rendant l’une pour l’autre incompréhensible, en plaçant donc la culture dans une situation de crise permanente. Comme toujours, l’esprit de recherche a tourné ces interdits, et il nous semble que les progrès de l’une et de l’autre permettent aujourd’hui de réexaminer leurs rapports ». Ce texte, rédigé en 1951, n’a rien perdu de sa validité. Le constat d’une ancienne animosité reste aussi pertinent que l’invitation à y échapper. Cela semble particulièrement valide lorsqu’on se tourne vers cet objet à la fois illusoirement circonscrit et constamment insaisissable qu’est la démocratie, concept essentiellement contesté par excellence, comme le remarquait W. B. Gallie à peu près à la même époque. Maintenant que la démocratie semble l’avoir emporté sur ses adversaires, nous ne cessons de constater que la frustration grandissante vis-à-vis du fonctionnement de son régime institutionnel est accompagnée d’une prolifération de formes et d’expériences qui, tout en se réclamant de ce terme, ne s’inscrivent pourtant pas dans les discours ou les pratiques d’un régime de gouvernement. Ces formes de l’expérience démocratique ont attiré l’attention de certains penseurs qui, au fil de l’histoire, se sont efforcés de penser le phénomène démocratique dans ce qu’il pouvait avoir d’irréductible à sa simple « phase » politique (John Dewey), à savoir le fait d’être, tout d’abord, la « forme » prise par une société, ou la qualité distinctive d’un mode ou d’une forme de vie. C’est le cas notamment de traditions souterraines qui, en France, vont de Alexis de Tocqueville à Claude Lefort, du pragmatisme américain, d’un certain courant post-wittgensteinien, et enfin de plusieurs auteurs s’inscrivant dans le sillon de la théorie critique, comme Jürgen Habermas et Axel Honneth. Ce colloque se propose d’explorer les chemins croisés qui, à partir de ces traditions, se sont efforcés de penser la démocratie dans ce qu’elle a de plus essentiel, à savoir non pas le fait de nommer un régime politique, mais le fait de décrire un projet de société, une expérience qui s’exprime tout autant dans la forme prise par les institutions sociales et politiques que dans les modes d’interaction qui donnent forme à une société, que ce soit dans les relations de face-à-face ou dans celles entre étrangers, et qui prennent corps à la fois au sein d’une pluralité d’organisation sociales – associations et corps intermédiaires – et dans les espaces anonymes qui sont de plus en plus constitutifs de notre espace public globalisé et virtualisé. Les interventions viseront à explorer les points de rapprochement et de clivage entre ces traditions, afin de faire émerger les contours d’une manière complexe et originale de penser la démocratie, manière qui demande de repenser en profondeur les rapports entre philosophie, sociologie et histoire, chacune apportant à l’éclaircissement de cet objet sa contribution propre. Contacts : Roberto Frega (fregarob@gmail.com) Manuel Cervera-Marzal (manuelcerveramarzal@gmail.com)

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Why does Inequality Matter ?

Journée(s) d'étude - Lundi 13 novembre 2017 - 09:00Le lundi 13 novembre 2017 aura lieu la Journée de discussion du manuscrit de Tim Scanlon, Why does Inequality Matter ? avec la participation de l'auteur. Cette journée aura lieu à la Maison Suger, salle de réunion, 16-18 rue Suger, 75006 Paris. Programme9h00 Accueil9h15 9h45h Luc Foisneau (CNRS – CESPRA),  Why should we care about inequality ? (Introduction)9h45 11h Han van Wietmarschen (UCL), Equal Concern & Equal Status (chap. 2 & 3)11h 11h15 Pause café11h15 12h30 Véronique Munoz-Dardé (UCL/Berkeley) et Rowan Mellor (UCL), Procedural Fairness & Substantive Opportunity (chap. 4 & 5)12h30 14h Pause déjeuner14h 15h15 Jean-Fabien Spitz (Paris 1), Political Equality, Liberty & Coercion (chap. 6 & 7)15h15 15h30 Pause café15h30 16h45 Joe Horton (UCL), Desert & Unequal Income (chap. 8 & 9)16h45 17h15 Tim Scanlon (Harvard), Final remarks Les personnes souhaitant participer à la journée devront s’inscrire auprès de Luc Foisneau (luc.foisneau@ehess.fr) et de Véronique Munoz-Dardé (v.munoz@ucl.ac.uk).Institutions partenaires : EHESS – CESPRA – FMSH

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Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis

Colloque - Jeudi 26 octobre 2017 - 09:30Le colloque « Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis » se déroulera le 26, 27 et 28 octobre 2017 à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Université Paris 7 Denis-Diderot.Cornelius Castoriadis disparaissait il y a 20 ans déjà, laissant à la postérité une œuvre importante et novatrice. Figure intellectuelle originale, il est à la fois célèbre et méconnu. Son nom est, et reste, le plus souvent, associé au groupe et à la revue Socialisme ou barbarie où, dans les années 1950 et 1960, s’est forgée l’une des analyses les plus lucides des régimes de type soviétique et une critique radicale du marxisme dans l'intention de sauver le projet révolutionnaire. La pensée de Castoriadis est, cependant, loin de se limiter à ce travail de théorie politique. Il a aussi élaboré, à partir des années 1960, une pensée proprement philosophique, révélée pour la première fois avec la publication, en 1975, de son maître-ouvrage, L'Institution imaginaire de la société, complété, par la suite, par les 6 volumes des Carrefours du labyrinthe.A partir de 1980, après avoir été élu directeur d’études à l’EHESS, il tiendra, dans cet établissement, 16 années durant, un séminaire de philosophie. Il y entreprendra une vaste enquête, inséparablement philosophique et historique, consacrée à ce qu’il nommait « la création humaine ». Celle-ci n’est pas, loin s’en faut, indépendante de sa théorie politique. Le projet socialiste, puis démocratique, en un sens radical du terme, se nourrit chez lui d’une pensée du social-historique, selon son expression, qui joue le rôle d’une philosophie fondamentale.Dans les ouvrages publiés de son vivant, Castoriadis traite de sujets de philosophie aussi bien que de politique, de psychanalyse aussi bien que d’économie, de sciences aussi bien que d’histoire grecque. Toutefois, sous cette apparente dispersion, la pensée de Castoriadis possède, sans prendre, certes, la forme d’un système, une grande cohérence. Ses concepts d’autonomie et d’hétéronomie, d’imaginaire social et d’imagination radicale, de chaos et de création, pour citer les plus évidents, informent toutes ses contributions, quel qu’en soit le champ disciplinaire.Le présent colloque proposera, à la fois, un hommage et une discussion sans complaisance. Les intervenants se confronteront à la pensée de Castoriadis en engageant une discussion avec elle.Spécialistes confirmés dans les champs de la politique ou de l’économie, de la sociologie, ou de la psychosociologie, de la psychanalyse ou de la philosophie, ils proposeront moins une évaluation globale de l’œuvre de Castoriadis qu’un examen de certaines de ses analyses en fonction de leurs propres thèmes de recherche et de leurs préoccupations personnelles. Loin des commentaires respectueux, il s’agira, à cette occasion, d’adresser à Castoriadis des questions susceptibles de mettre sa pensée à l’épreuve et, également, d’examiner les voies esquissées par cette pensée qui pourraient être reprises et prolongées de manière fructueuse. En un mot de soumettre à la discussion Castoriadis comme il le faisait lui-même avec les autres et comme il aurait aimé qu’on le fît avec lui – dans un esprit agonistique, parfois de manière polémique, mais, toujours, avec une force persuasive et une passion communicative peu communes.  

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Table ronde autour de Marcel Gauchet

Table ronde - Vendredi 06 octobre 2017 - 14:00Avec Le nouveau monde, quatrième et dernier volume de L’avènement de la démocratie, Marcel Gauchet aborde la transformation d’ensemble qui s’est engagée avec la crise économique des années 1970. Il propose une réponse à l’énigme de la perte de repères de ces dernières décennies : nous vivons la dernière et ultime étape de la sortie de la religion et découvrons en tâtonnant ce qu’implique le principe de la structuration autonome des sociétés. Derrière l’hégémonie de l’économie, la montée de la société civile et les droits individuels comme seule source de légitimité, le politique remplit un rôle instituant mais devenu invisible ; la mondialisation n’est pas seulement celle du marché, mais a}ssi geLle de l’État-nation. En permettant d’articuler les différentes dimensions dans lesquelles se déploie l’expérience de ces sociétés autonomes, le diagnostic pose les bases d’un programme de travail destiné à renouveler l’intelligibilité du monde contemporain.Pour discuter d’un livre véritablement interdisciplinaire, des chercheurs inscrits dans différentes disciplines, de l’économie à la philosophie, engageront un dialogue avec l’auteur.Avec la participation de Marcel Gauchet, Frédéric Brahami (EHESS), Natalie Doyle (Monash University), Gaël Giraud (CNRS) et Nicolas Rousselier (Sciences Po). Débat animé par Sylvain Piron (EHESS)

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