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Le Rapport de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse 

a été remis le 15 février 2018 

 

aux ministres de la Recherche Frédérique Vidal

et de l’Education nationale Jean-Marie Blanquer,

ainsi qu’au Président de la République Emmanuel Macron

 

Le résultat de vingt mois de travail pour une équipe internationale de 64 chercheurs et professeurs, un travail auquel le CESPRA a été largement associé, avec Vincent Duclert (président de la Mission), Dominique Schnapper (première vice-présidente), Stéphane Audoin-Rouzeau (rapporteur), Adriana Escobar, Emmanuel Saint-Fuscien et Jean-Philippe Miller-Tremblay, avec l’EHESS (Hamit Bozarslan, Judith Lyon-Caen) et le CNRS (Henry Rousso, vice-président, Malika Rahal, rapporteure, Ilsen About, Myriam Cottias, Hélène Dumas, Christian Ingrao, Anouche Kunth, Sandrine Lefranc, Vanessa Voisin, Nicolas Werth). 

 

 

RÉSUMÉ DU RAPPORT

 

Issu du travail d’une équipe de soixante-quatre spécialistes français et étrangers, le Rapport final de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse est composé d’un volume de synthèse et de trois volumes d’annexes. Il s’agit d’un ensemble réflexif, programmatique et documentaire d’ampleur. Ce Rapport est une première en France. Il présente des caractères inédits en raison des dimensions scientifiques de la commande politique, des moyens heuristiques mis en œuvre, et des savoirs originaux que l’équipe a su produire.

La Mission a assumé les questionnements impliqués par la lettre ministérielle du 30 mai 2016 signée de Najat Vallaud-Belkacem : Une approche nationale dans le cadre d’une commande publique est-elle légitime et nécessaire au regard des enjeux scientifiques internationaux qu’impliquent les génocides, les crimes de masse et les violences extrêmes ? Confrontée à des objets qui mettent au défi la connaissance humaine, requérant alors l’autorité de la morale, de la mémoire, du droit, la recherche (et ses usages notamment pédagogiques, éducatifs ou muséographiques) peut-elle aboutir à des savoirs stables et transmissibles ? Doit-on attendre de la connaissance l’émergence d’une conscience et d’une responsabilité individuelle aussi bien que collective face à l’inhumanité ?

La dynamique de la Mission a permis non seulement d’achever une enquête globale sur la connaissance des génocides, des crimes de masse et des violences extrêmes – auxquels se sont ajoutés les esclavages-, mais également de contribuer à cette connaissance par un effort de définition des faits historiques, par des recherches inédites sur les événements, par une réflexion sur les processus, sur les temporalités et sur les acteurs. Aux domaines de connaissance (recherche, enseignement, éducation, musée, documentation) dont l’étude était demandée à la Mission, celle-ci a estimé nécessaire d’associer les savoirs du droit, de la mémoire et de la création artistique et littéraire.

Cet engagement de chercheurs et de professeurs de quinze nationalités, éclairé par la rencontre ou l’audition de près de cent vingt personnalités et de plusieurs équipes scientifiques, culturelles et pédagogiques (plus d’une soixantaine de personnes), a débouché sur l’examen critique d’abondants savoirs et de nombreux travaux, mais également sur la production d’apports inédits.

L’étude des domaines de connaissance propres à la France pour les génocides, les crimes de masse, les violences extrêmes et les esclavages souligne l’activité croissante, depuis le tournant des années 1990 des chercheurs et des enseignants. Ils sont aujourd’hui armés pour intervenir sur l’essentiel de ces sujets, à commencer par la Shoah. L’élargissement de la recherche et de l’enseignement n’a pas affecté l’importance de cet événement matriciel ; au contraire, elle s’en est trouvée réaffirmée avec les nouveaux horizons de la comparaison et de la mise au jour des filiations et des circulations.

Les apports de la recherche et de l’enseignement en France souffrent cependant de leur trop faible interrelation, et parfois d’une insuffisante visibilité tant nationale qu’internationale même s’ils couvrent aujourd’hui des champs de plus en plus vastes (et presque complets). La Mission constate en parallèle les engagements des documentalistes, des muséographes, des responsables mémoriels, mais aussi des artistes, des écrivains, des créateurs, pour aborder des objets difficiles, des sujets qui souvent ne ressemblent à aucun autre et, ensuite pour assumer le pari de la transmission des savoirs. L’intérêt du travail juridique et de l’action judiciaire s’est lui aussi renforcé ; des recherches y sont portées tandis qu’une meilleure connaissance mutuelle se réalise entre chercheurs et magistrats. L’étude du droit et de la justice favorise une approche plus internationale, pluridisciplinaire et analytique des phénomènes en question.

La richesse comme le dynamisme des domaines de connaissance en France justifient une mise en commun des savoirs tant fondamentaux que pédagogiques, impliquant de dépasser certains clivages hérités comme la coupure maintenue entre l’enseignement scolaire et l’enseignement universitaire, ou bien entre la recherche et la pédagogie, ou encore entre les missions scientifiques et les fonctions documentaires. La recommandation de la Mission en faveur de la création en France d’un « Centre international de ressources pour les génocides, les crimes de masse, les violences extrêmes et les esclavages » répond à ces trois objectifs d’approfondissement des domaines de connaissance, de meilleure confrontation des savoirs et d’internationalisation des recherches.

Par ailleurs, une politique de soutien est encouragée. A coûts raisonnables, elle renforcera la production de ces savoirs et leur diffusion ; elle leur donnera une meilleure efficacité grâce à une plus forte cohérence et des perspectives accrues de développement. Elle suppose des mises en réseau, un accès facilité aux archives et à la documentation, la densification des champs de recherche, et la création de ce Centre international de ressources mentionné, permettant à la France de jouer un rôle croissant par son offre de savoirs à la fois globaux, réflexifs et singuliers, et par une reconnaissance de l’impératif de recherche.

Cette priorité accorderait aux chercheurs de meilleures garanties face aux menaces sur la liberté de recherche et d’enseignement et des forces supplémentaires devant les négationnismes ; elle donnerait aux enseignants, aux éducateurs et aux créateurs une responsabilité majeure pour humaniser la société ; elle fournirait aux documentalistes et aux archivistes des possibilités nouvelles de contribuer aux savoirs sur les génocides, les crimes de masse, les violences extrêmes et les esclavages. Ces objectifs permettraient qu’une politique nationale se transforme en une force d’impulsion à l’échelle internationale ; elle faciliterait l’approche des questions fondamentales d’humanité et de déshumanisation.

 

 

COMPOSITION DE LA MISSION


Directoire

Vincent DUCLERT, historien, inspecteur général de l’Éducation générale, professeur associé à Sciences Po et chercheur à l’EHESS (CESPRA), président de la Mission

Dominique SCHNAPPER, sociologue, directrice d’études à l’EHESS (CESPRA), membre honoraire du Conseil constitutionnel, première vice-présidente

Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, historien, directeur d’études à l’EHESS (CESPRA), rapporteur

Souâd AYADA, philosophe, inspectrice générale de l’Education nationale, vice-présidente

Marie CALVARY, secrétaire administrative

Isabelle DELPLA, philosophe, professeure à l’Université Jean Moulin, Lyon, vice-présidente

Xavier DESBROSSE, historien, professeur au lycée Bayen (Châlons-en-Champagne), secrétaire scientifique

Anne-Celia FEUTRIE, littéraire, docteure de l’Université de Londres, chargée de mission

Mikaël NICHANIAN, historien, conservateur à la BNF, rapporteur

Malika RAHAL, historienne, chargée de recherche au CNRS (IHTP), rapporteure

Marie-Ange RIVIÈRE, historienne, IA-IPR, académie de Montpellier, chargée de mission

Henry ROUSSO, historien, directeur de recherche au CNRS (IHTP), vice-président

Emmanuelle SIBEUD, historienne, professeure à l’Université de Paris 8, vice-présidente

Jean-Philippe TREMBLAY-MILLER, historien, anthropologue, doctorant à l’EHESS, chargé de mission

 

Membres d’institutions françaises

Ilsen ABOUT, historien, chargé de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel) [Génocide et persécution des Tsiganes, sources photographiques et Shoah]

Hervé ASCENSIO, juriste, professeur à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne [droit international pénal, droit des génocides]

Annette BECKER, historienne, professeure à l’Université de Paris-Nanterre et membre senior émérite de l’IUF [Première Guerre mondiale, Shoah, questions mémorielles et représentations]

Hamit BOZARSLAN, historien, sociologue, directeur d’études à l’EHESS (CETOBAC) [Empire ottoman, génocide des Arméniens, négationnisme]

Patrick CABANEL, historien, directeur d’études à l’EPHE [histoire des Justes et des sauvetages, historiographie et mémoires de la Shoah]

Johann CHAPOUTOT, historien, professeur à l’Université Paris-Sorbonne [nazisme, totalitarisme, racisme]

Elisabeth CLAVERIE, anthropologue, directrice de recherche au CNRS (groupe de sociologie politique et morale) [traitement pénal, purification ethnique, ex-Yougoslavie]

Myriam COTTIAS, directrice de recherches au CNRS (LC2S, CIRESC, SHOELCHER, MARTINIQUE) [Histoire et mémoire des traites et des esclavages]

Claire DEBET, professeure certifiée de lettres au collège Doucet, Nanterre [enseignement de la littérature]

Ingolf DIENER, historien, chercheur à l’Université de Paris 8 [génocide des Herero et des Nama]

Hélène DUMAS, historienne, chargée de recherche au CNRS (LAM UPPA) [génocide des Tutsi au Rwanda, étude sur la justice]

Isabelle ERNOT, historienne, professeure d’histoire-géographie détachée à l’Union des Déportés d’Auschwitz [Shoah, pédagogie, documentation]

Adriana ESCOBAR, historienne, doctorante à l’EHESS (CESPRA) [régime khmer rouge, Cambodge, mémoire]

Bénédicte GILARDI, professeure documentaliste au lycée Thierry-Maulnier (Nice) [mémoire, éducation et enseignement des génocides]

Zoé GRUMBERG, historienne, doctorante à Sciences Po [déportations, survies, sorties des génocides]

Christian INGRAO, historien, directeur de recherche au CNRS (IHTP) [nazisme, extermination, génocide]

Cécile JOUHANNEAU, politiste, maîtresse de conférences à l’université Paul Valéry Montpellier (ART-Dev) [mémoires des violences, Bosnie-Herzégovine]

Marcel KABANDA, historien, président d’IBUKA-France [génocide des Tutsi au Rwanda ; survie post-génocidaire]

Dzovinar KÉVONIAN, historienne, maître de conférences à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense [génocide des Arméniens, droit pénal international, exil et réfugiés]

Anouche KUNTH, historienne, chargée de recherche au CNRS (IRIS) [génocide des Arméniens, survie post-génocidaire]

Sandrine LEFRANC, politiste, chargée de recherche au CNRS (ISP) [sortie de conflits violents, politiques de pardon, justice transitionnelle]

Judith LYON-CAEN, historienne, maître de conférences à l’EHESS (CRH) [Shoah, littérature, témoignage et histoire]

Ariane MATHIEU, historienne, journaliste à L’Histoire, chercheuse indépendante [crimes des khmers rouges, mémoires et histoire des génocides]

Nicole MATULIK, conseillère pédagogique du 1er degré, académie de Paris [enseignement de l’histoire]

Gaïdz MINASSIAN, politiste, enseignant à Sciences-Po [génocide des Arméniens, crimes de masse, géopolitique du Caucase]

Pap NDIAYE, historien, professeur à Sciences-Po [race, racisme, société française et américaine]

Iannis RODER, historien, professeur agrégé au collège Pierre de Geyter (Saint-Denis), formateur au Mémorial de la Shoah [enseignement de la Shoah, antisémitisme et négationnisme]

Emmanuel SAINT FUSCIEN, historien, maître de conférences à l’EHESS [violence de guerre, pédagogie scolaire à l’épreuve de la violence]

Virginie SANSICO, historienne, professeure d’histoire géographie au collège Les Battières (Lyon) et au collège Jean-Jacques Rousseau (Tassin-la-Demi-Lune) [enseignement de la Seconde Guerre mondiale, recherches sur le régime de Vichy]

Julien SEROUSSI, sociologue, membre (jusqu’au 31 août 2017) du Pôle « Génocide, Crime contre l’humanité et Crimes et délits de guerre » du Tribunal de Grande Instance de Paris [Justice pénale internationale, vérité historique et vérité judiciaire, crimes de masse dans la région des Grands Lacs en Afrique]

Leila SEURAT, politiste, chercheuse post-doctorante à l’IREMAM/IFPO [Syrie et Moyen-Orient actuels]

Sandrine WEIL, juriste et historienne, doctorante à l’Université de Lorraine

Vanessa VOISIN, historienne, chercheure au CERCEC et au CEFR, boursière à la Fondation pour la mémoire de la Shoah [procès soviétiques de criminels de guerre, Shoah et médiatisation]

Nicolas WERTH, historien, directeur de recherche au CNRS (IHTP) [pogroms, Holodomor, Russie-URSS]

 

Membres d’institutions internationales ou étrangères

Fatma Müge GÖÇEK, sociologue, professeure à l’University of Michigan - Ann Arbor [Turquie, génocide des Arméniens, mémoire et société].

Jan GROSS, historien, professeur à Princeton University [Seconde Guerre mondiale, Shoah, relations judéo-polonaises]

John HORNE, historien, professeur à Trinity College Dublin, directeur du Centre for War Studies [violences et crimes de guerre, mémoire et histoire]

Hans-Lukas KIESER, historien, professeur à Zurich Universität et professeur associé à l’University of Newcastle, Australia (Centre for the History of Violence) [génocide des Arméniens, mémoire et historiographie des génocides]

Joël KOTEK, politiste, professeur à l’Université libre de Bruxelles [étude comparée des génocides]

Karel FRACAPANE, administrateur principal de projet, en charge de l'enseignement de l'Holocauste et d'autres génocides à l'UNESCO[documentation et programmes sur les génocides]

Anne-Marie LAROSA, juriste, professeure invitée à l'Université de Fribourg [droit pénal international, droit des génocides, droit international humanitaire]

Thomas MAISSEN, historien, professeur à Heidelberg Universität et directeur de l’Institut Historique Allemand, Paris [mémoires de la Shoah en Europe et historiographie]

Philip NORD, historien, professeur à Princeton University [France contemporaine, Shoah, monde juif]

Renée POZNANSKI, historienne, professeure à l’Université Ben Gourion du Neguev [Shoah, « Solution finale » en France]

Ornella ROVETTA, historienne, chercheuse post-doctorante, Université libre de Bruxelles (Centre de recherche Mondes modernes et contemporains) [justice internationale, génocide des Tutsi au Rwanda]

Steve SAWYER, historien, professeur à l’American University in Paris [histoire de la démocratie, documentation des génocides]

Florin TURCANU, politiste, professeur à la Faculté des sciences politiques de l’Université de Bucarest [étude de la Shoah et de la déportation en Europe centrale et orientale]

Karine VANTHUYNE, anthropologue, professeure à l’Université d’Ottawa [violences génocidaires, peuples autochtones, Guatemala, Canada]

 

Premiers échos dans la presse...

« Des chercheurs français renouvellent l’étude des génocides », par Béatrice Bouniol, La Croix, le16 février 2018. 

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La diplomatie au XXIe siècle : derrière le diplomate, le négociateur ?

Appel à communication - Lundi 19 mars 2018 - 00:00Journées d'études organisées par le CESPRA (Centre d'Etudes Sociologiques et Politiques Raymond Aron, EHESS) et la Société des Amis de Raymond Aron en partenariat avec le CAPS (direction de la prospective, MEA) et l’IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire). Elles auront lieu à l'EHESS (Amphithéâtre François-Furet) les 25 et 26 juin 2018. Une observation empirique apparait comme centrale dès qu’il s’agit de penser la diplomatie : les grands ambassadeurs négociateurs ont disparu avec la Conférence de Yalta et l’extinction de l’esprit des grands Congrès et Conférences internationales du XIXe siècle. La diplomatie des Sommets du XXe et XXIe siècles témoigne, au contraire, de l’effacement des diplomates au profit des leaders politiques : présidents, premiers ministres ou ministres des affaires étrangères —ces derniers, de moins en moins diplomates, de plus en plus ministres. Même là où les ambassadeurs ont encore un rôle à jouer, ils n’ont plus la vedette. Ils sont remplacés, voire supplantés, par des acteurs non-étatiques spécialistes de médiation et de diplomatie non-conventionnelle. L’action diplomatique s’avère de plus en plus difficile dans un siècle qui, selon Pierre Hassner, est porteur d’« une complexité mouvante, de plus en plus complexe et de plus en plus mouvante ». Serait-ce la conséquence de la globalisation et de l’élargissement du champ diplomatique, de la présidentialisation des régimes et de la centralisation des pouvoirs, ou de l’affaiblissement de l’État et de la souveraineté nationale? Si l’objectif d’un diplomate n’est pas nécessairement de conclure une négociation mais de créer un espace de négociation, comment penser alors les instruments et les techniques de la négociation? Comment concevoir le type de négociations qui introduirait une nouvelle ère de sécurité collective, si les négociateurs ne sont plus forcément les diplomates? Quels outils développer quand l’action diplomatique ne se fait pas au sein d’une « zone de civilisation » comme le dit Aron? Comment mettre fin aux conflits locaux en dehors d’une perspective de compromis entre états souverains ? Négocier à tout prix un accord local de cessez-le-feu n’est-ce pas  retarder ou rendre impossible un règlement de fond ? Enfin, la discussion sur la diplomatie du XXIe siècle porte aussi sur la capacité de la science et de la technologie à constituer un nouvel outil de la diplomatie internationale. Peut-on alors considérer que la science et la technique contribuent à établir une « aire civilisationnelle » qui ouvre un nouvel espace de négociation, condition de toute diplomatie? C’est une réflexion sur la diplomatie comme type original d’action, sur le rôle du diplomate tel qu’il est vécu par ses praticiens, sur les moments décisifs de l’action diplomatique, ses conditions et ses conséquences, qui sera l’objet de la réflexion. Le colloque propose d’allier analyse historique à l’étude empirique du contemporain sans perdre de vue le questionnement philosophique et politique, celui du « système de pouvoir dans lequel s’insère l’idéologie qui commande la diplomatie », pour citer Aron. Les sujets d’interventions peuvent porter sur les thèmes suivants, de manière non limitative :La diplomatie comme « type original d’action » : Des écrits de Machiavel à Grotius, et de François de Caillères à Kissinger, comment peut-on comprendre la diplomatie comme type original d’action politique ? Quels auteurs, quels axes analytiques nous permettent d’analyser empiriquement et philosophiquement l’action diplomatique dans sa spécificité ? Sur la nature du diplomate et de l’ambassadeur : Qui peut-être diplomate ? Quel est le rôle des praticiens de la diplomatie non-conventionnelle ? Quelle idée se font de la diplomatie ceux qui la pratiquent ? Quelle compétition ou complémentarité entre acteurs étatiques et non-étatiques ? Quelle spécificité des acteurs religieux ?Les types de diplomatie : Diplomatie économique, scientifique, religieuse, nucléaire, économique, diplomatie préventive, « soft power », « club diplomacy » ou diplomatie à huit-clos, « network diplomacy » ou diplomatie des réseaux pratiquée en public et en collaboration avec des praticiens de la diplomatie non conventionnelle... Ces catégories nous permettent-elles de penser une nouvelle diplomatie étatique ?La négociation : La diplomatie suppose des instruments de négociation. La négociation est toujours une option quand il n’y a pas d’accord (quand on n’est pas d’accord) mais pour qu’elle soit possible, il faut partager des instruments. La science politique offre-t-elle des analyses satisfaisantes des instruments de la négociation, des protocoles diplomatiques et du vocabulaire diplomatique ?La prévision : Quel est le rôle de la prévision, des études prospectives, dans l’établissement d’une diplomatie efficace? Quel rapport entretenir entre stratégie et diplomatie? Les études stratégiques centrées sur la rationalisation de la violence sont-elles une bonne ressource, un bon point de départ, pour les diplomates ? Le comité scientifique est composé de :  Sophie Marcotte-Chénard (Carleton University),Elisabeth Dutartre-Michaut (EHESS/CESPRA),Jean-Vincent Holeindre (Paris 2, IRSEM, membre associé au CESPRA),Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer (IRSEM),Olivier Roy (EUI, Florence),Cynthia Salloum (EUI, Florence),Justin Vaïsse (CAPS, MEA) TBC . Le comité d’organisation est composé de : Elisabeth Dutartre-Michaut (EHESS/CESPRA)Cynthia Salloum (EUI/RSCAS-Florence, Sciences Po-Paris). Modalités pratiquesLes propositions (entre 500 à 800 mots) sont à envoyer par courriel à l’adresse suivante: elisabeth.dutartre@ehess.fr et cynthia.salloum@sciencespo.fr  Date limite pour l’envoi des propositions : Lundi 19 mars 2018 Date à laquelle les contributeurs recevront une réponse : Lundi 2 avril 2018.

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Why does Inequality Matter ?

Journée(s) d'étude - Lundi 13 novembre 2017 - 09:00Le lundi 13 novembre 2017 aura lieu la Journée de discussion du manuscrit de Tim Scanlon, Why does Inequality Matter ? avec la participation de l'auteur. Cette journée aura lieu à la Maison Suger, salle de réunion, 16-18 rue Suger, 75006 Paris. Programme9h00 Accueil9h15 9h45h Luc Foisneau (CNRS – CESPRA),  Why should we care about inequality ? (Introduction)9h45 11h Han van Wietmarschen (UCL), Equal Concern & Equal Status (chap. 2 & 3)11h 11h15 Pause café11h15 12h30 Véronique Munoz-Dardé (UCL/Berkeley) et Rowan Mellor (UCL), Procedural Fairness & Substantive Opportunity (chap. 4 & 5)12h30 14h Pause déjeuner14h 15h15 Jean-Fabien Spitz (Paris 1), Political Equality, Liberty & Coercion (chap. 6 & 7)15h15 15h30 Pause café15h30 16h45 Joe Horton (UCL), Desert & Unequal Income (chap. 8 & 9)16h45 17h15 Tim Scanlon (Harvard), Final remarks Les personnes souhaitant participer à la journée devront s’inscrire auprès de Luc Foisneau (luc.foisneau@ehess.fr) et de Véronique Munoz-Dardé (v.munoz@ucl.ac.uk).Institutions partenaires : EHESS – CESPRA – FMSH

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Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis

Colloque - Jeudi 26 octobre 2017 - 09:30Le colloque « Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis » se déroulera le 26, 27 et 28 octobre 2017 à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Université Paris 7 Denis-Diderot.Cornelius Castoriadis disparaissait il y a 20 ans déjà, laissant à la postérité une œuvre importante et novatrice. Figure intellectuelle originale, il est à la fois célèbre et méconnu. Son nom est, et reste, le plus souvent, associé au groupe et à la revue Socialisme ou barbarie où, dans les années 1950 et 1960, s’est forgée l’une des analyses les plus lucides des régimes de type soviétique et une critique radicale du marxisme dans l'intention de sauver le projet révolutionnaire. La pensée de Castoriadis est, cependant, loin de se limiter à ce travail de théorie politique. Il a aussi élaboré, à partir des années 1960, une pensée proprement philosophique, révélée pour la première fois avec la publication, en 1975, de son maître-ouvrage, L'Institution imaginaire de la société, complété, par la suite, par les 6 volumes des Carrefours du labyrinthe.A partir de 1980, après avoir été élu directeur d’études à l’EHESS, il tiendra, dans cet établissement, 16 années durant, un séminaire de philosophie. Il y entreprendra une vaste enquête, inséparablement philosophique et historique, consacrée à ce qu’il nommait « la création humaine ». Celle-ci n’est pas, loin s’en faut, indépendante de sa théorie politique. Le projet socialiste, puis démocratique, en un sens radical du terme, se nourrit chez lui d’une pensée du social-historique, selon son expression, qui joue le rôle d’une philosophie fondamentale.Dans les ouvrages publiés de son vivant, Castoriadis traite de sujets de philosophie aussi bien que de politique, de psychanalyse aussi bien que d’économie, de sciences aussi bien que d’histoire grecque. Toutefois, sous cette apparente dispersion, la pensée de Castoriadis possède, sans prendre, certes, la forme d’un système, une grande cohérence. Ses concepts d’autonomie et d’hétéronomie, d’imaginaire social et d’imagination radicale, de chaos et de création, pour citer les plus évidents, informent toutes ses contributions, quel qu’en soit le champ disciplinaire.Le présent colloque proposera, à la fois, un hommage et une discussion sans complaisance. Les intervenants se confronteront à la pensée de Castoriadis en engageant une discussion avec elle.Spécialistes confirmés dans les champs de la politique ou de l’économie, de la sociologie, ou de la psychosociologie, de la psychanalyse ou de la philosophie, ils proposeront moins une évaluation globale de l’œuvre de Castoriadis qu’un examen de certaines de ses analyses en fonction de leurs propres thèmes de recherche et de leurs préoccupations personnelles. Loin des commentaires respectueux, il s’agira, à cette occasion, d’adresser à Castoriadis des questions susceptibles de mettre sa pensée à l’épreuve et, également, d’examiner les voies esquissées par cette pensée qui pourraient être reprises et prolongées de manière fructueuse. En un mot de soumettre à la discussion Castoriadis comme il le faisait lui-même avec les autres et comme il aurait aimé qu’on le fît avec lui – dans un esprit agonistique, parfois de manière polémique, mais, toujours, avec une force persuasive et une passion communicative peu communes.  

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