Soutenances de thèses


Le samedi 25 novembre 2017  à l'EHESS, 105 Bd Raspail, 75006 Paris, à 9h, salle 2
 

Alex RAYMOND soutiendra sa thèse de doctorat en Histoire :

 

La politique tibétaine du gouvernement de la République populaire de Chine de 1949 à 1951

 

Jury

  • M. Yves Chevrier (Directeur de thèse), EHESS-CESPRA

  • M. Robert Barnett, Columbia University

  • M. Jean-Luc Domenach, Institut d'études politiques

  • Mme Françoise Robin, INALCO

  • Mme Xiaohong Xiao-Planes, INALCO

 

Résumé

L’objet de ce travail est une réinterprétation de l’histoire des premiers contacts entre le nouveau gouvernement communiste chinois, le gouvernement tibétain et la population tibétaine, ainsi que de l’introduction progressive de l’idéologie léniniste sur le plateau tibétain, en exploitant pour cela des sources principalement officielles, parfois officieuses, publiées en RPC, et pour l’essentiel non encore utilisées à ce jour. Cette étude montre qu’il est souvent impossible de séparer tant la politique du nouveau gouvernement chinois dans le Tibet du Dalaï-lama et dans les autres régions de culture tibétaine, qu’également la réaction des populations locales dans les différents terrains du monde tibétain. Seront entre autre étudiés les motivations derrière la volonté des responsables de la RPC d’occuper le plus rapidement possible le Tibet, les innombrables difficultés liées à cette tentative, le fait qu’il sera matériellement impossible à l’APL, à la veille de la bataille de Chamdo, en octobre 1950, d’avancer plus avant en territoire tibétain, et comment Mao Zedong va réussir à transformer une déconvenue militaire en une victoire politique. Sera également analysé la politique en 1949-1951 du PCC dans les autres régions tibétaines, en quoi cette politique a pu être différente d’une région à l’autre, mais en quoi il pourrait quand même y avoir, dans cette diversité, une vision globale idéologique.  Comment la victoire (incomplète) de l’APL  à Chamdo aura été obtenue in extremis, l’état major de la 18e armée, comme les dirigeants de la RPC, ayant des doutes réels sur cette victoire jusqu’à la fin. Comment les responsables de la RPC, bien qu’à l’origine en position de faiblesse, vont réussir non seulement à empêcher le Dalaï-lama de partir à l’étranger, mais même à obtenir qu’une délégation soit envoyée à Pékin pour « négocier ». L’utilisation de documents chinois inédits va permettre également d’apporter des éléments  nouveaux sur le déroulement des « négociations » aboutissant à l’ « Accord en 17 points ».  Le dernier acte, se traduira par l’arrivée, extrêmement difficile, des premiers détachements des forces de l’APL à Lhassa et comment la capitulation du gouvernement tibétain a pu être obtenue.

 

*

*          *

 

 

 Le lundi 20 novembre 2017  

à l'INALCO (salle 3.15, 65 rue des grands moulins, 75013 Paris), à 9h,

 

David Serfass 

soutiendra sa thèse de doctorat en Histoire :

 

Le gouvernement collaborateur de Wang Jingwei : aspects de l'Etat d'occupation durant la guerre sino-japonaise, 1940-1945

 

Jury

  • M. Yves Chevrier (Directeur de thèse), EHESS-CESPRA
  • M. Marc Olivier Baruch, EHESS
  • M. Barak Kushner, University of Cambridge
  • M. Rana Mitter, University of Oxford 
  • M. Alain Roux, INALCO
  • Mme Xiaohong Xiao-Planes, INALCO

 

 

Résumé

Cette thèse se propose d’étudier le gouvernement collaborateur dirigé par Wang Jingwei (1940-1945) à la croisée de deux trajectoires : celle de l’État chinois moderne et celle de l’Empire japonais. Au-delà d’un approfondissement des connaissances sur l’occupation japonaise en Chine, mon travail ambitionne d’enrichir le champ des études sur l’État lui-même. Une telle approche ne va pas de soi, tant le caractère « fantoche » attribué à ce régime par l’historiographie chinoise l’a longtemps isolé du reste de la période et cantonné à une histoire des tenants idéologiques de la collaboration. Sans évacuer cet aspect, mon approche consiste à l’inscrire dans une étude politique et sociale du gouvernement et de l'administration, afin de saisir le fonctionnement réel de la machine étatique en zone occupée. Pour ce faire, je développe le concept d’État d’occupation, qui désigne l’ensemble formé par les organisations japonaises (institutions militaires et civiles) et chinoises (gouvernements collaborateurs locaux), établies afin d’administrer la Chine occupée. La construction de cet État, qui visa, à partir de 1940, à intégrer ces organisations derrière la façade du gouvernement de Wang Jingwei, fut détournée par des logiques de formation, nées des contradictions entre ses différents acteurs. Ce processus est examiné en adoptant des focales différentes. La première partie étudie la mise en place de l’État d’occupation du point de vue japonais, en montrant l’impact qu’eurent, l’un sur l’autre, centre et périphérie au sein de l’Empire nippon. Je reviens ensuite sur la genèse de cet État d’occupation, jusqu’à la formation du gouvernement de Wang Jingwei. La deuxième partie réduit la focale pour s’intéresser à l’organisation particulière de ce dernier, dont la spécificité, par rapport aux autres régimes collaborateurs, provenait de l’ambition qu’avait le groupe de Wang de restaurer le Gouvernement nationaliste légitime dans le cadre d’un « retour à la capitale ». La troisième partie, enfin, se penche sur le cas de la fonction publique en zone occupée, dont le cadre institutionnel et idéologique est mis en regard avec les conditions de vie des agents.

 

 

*

*          *

 

 

Le mardi 24 octobre 2017  

à l'EHESS (105 Bd Raspail, 75006 Paris, salle 13), à 15h,
 

Mirko Giancola 

soutiendra sa thèse de doctorat en Etudes politiques :

 

La croix et l'épée. 

Eglise et politique en Argentine et au Chili de Vatican II aux régimes militaires

Jury

  • M. Gilles Bataillon (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Renato Moro (Directeur de thèse), Universita Roma Tre
  • Mme Maria Soledad Catoggio, CONICET / Buenos Aires (Argentine)
  • M. Pierre-Antoine Fabre, EHESS
  • M. Danilo Martuccelli, Université Paris V
  • M. Alfredo Riquelme, Pontificia Universidad Catolica de Chile
 

Résumé

Objet de cette thèse est l’action politique de l’Église catholique en Argentine et au Chili de Vatican II à la fin des régimes militaires des années 1970-1980. Tout particulièrement, je me propose d’analyser la forte divergence entre l’action de l’Église argentine et celle de l’Église chilienne face aux politiques des régimes militaires dans la même période, à la recherche des facteurs qui nous aident à comprendre les raisons de cette divergence. Notre attention sera dirigée vers l’action et la pensée des membres de l’Église dans sa dimension institutionnelle, c’est-à-dire les hiérarchies épiscopales argentine et chilienne tout comme le Saint-Siège. Mon propos est, tout d’abord, d’entreprendre une recherche d'histoire politique et culturelle qui, adoptant une perspective de longue durée tout en tirant parti de la contribution de l’anthropologie et de la sociologie de la religion, s’interroge sur les racines des phénomènes étudiés. Toutefois, à cause de la nature du sujet, cette étude déborde sur le domaine de l'histoire des relations internationales, tout en présentant une approche comparative qui cherche à éviter aussi bien les généralisations des études continentales que les limitations de ceux centrés sur un seul pays. Il s’agit donc d’une recherche interdisciplinaire qui cherche à profiter des apports des différents domaines d’études avec l’objectif de reconstruire le phénomène social dans sa complexité.

 

*

*          *

 

Le mercredi 25 octobre 2017  

à l'EHESS (105 Bd Raspail, 75006 Paris, salle 8), à 9h,
 

Francisca Andrea Salas Aguayo 

soutiendra sa thèse de doctorat en Etudes politiques :

 

Histoire socio-politique du Chili :

une interprétation depuis la revue Mensaje entre 1958-1973

 

Jury

  • M. Gilles Bataillon (Directeur de thèse), EHESS
  • Mme Maria Soledad Catoggio, CONICET / Buenos Aires (Argentine)
  • M. Pierre-Antoine Fabre, EHESS
  • M. Danilo Martuccelli, Université Paris V
  • M. Alfredo Riquelme, Pontifica Universidad Catolica de Chile
 

Résumé

La présente recherche vise à reconstituer la position de la revue Mensaje, pendant 15 ans d'histoire du Chili (1958-1973). Ainsi, par le biais d’une méthodologie inductive et qualitative, l’étude effectue une analyse de l’interprétation de cette publication. De cette façon, par la codification de tous les articles par sujet ou par thématique, ce travail met en évidence les concepts centraux utilisés par Mensaje, au moyen desquels la revue a analysé la période étudiée. En outre, la recherche établit une relation entre ces concepts et propose un scénario fondé sur un terme transversal, celui de “changement social”, propre à tous les articles. L’étude, est composée de deux sections: «L'importance du changement social» et «Deux modèles de changement social». Ces deux sections sont complémentaires ; les débats et les concepts qui émergent dans la première section sont analysés, approfondis et mis en perspective sur le territoire chilien au cours de la seconde section. Chacune de ces sections est subdivisée en trois chapitres, qui examinent chronologiquement les concepts centraux, commentés par Mensaje. Le premier chapitre de la section initiale « L’importance du changement social » examine le concept de «communisme» et la façon dont la publication présente le « communisme » comme «une urgence» et «un problème» en raison de son «impact croissant». Le magazine Mensaje a interprété cette influence progressive du «communisme» en tant que symptôme d'un problème: «le malaise social en expansion». Dans ce contexte, Mensaje propose en réponse le renforcement des corps intermédiaires et l'application de la théorie du développement économique, en faveur de la modification des structures économiques et sociales. Le deuxième chapitre propose une analyse relationnelle entre la Révolution Cubaine et Alliance for Progress (ALPRO). Les deux événements ont favorisé, mais pas par la même voie, une valeur ajouté pour le «changement social». Le troisième chapitre traite de la mise en place de la «réforme agraire » au Chili comme un signe de l'arrivée du « changement social » sur le territoire. Dans ce contexte, l’analyse porte sur l'influence et l'impact de l'expérience de la répartition et distribution des terres de la hiérarchie de l'Église parmi ses travailleurs, comme un symbole d'approbation d’un modèle spécifique de « changement social ». La deuxième section traite spécifiquement de deux modèles chiliens de «changement social»: le premier revolución en libertad (révolution en liberté), le deuxième transición al socialismo (transition vers le socialisme). Dans ce scénario, le premier chapitre analyse l'émergence et la consolidation du parti démocrate-chrétien (PDC) dans l'arène politique et sa victoire présidentielle en 1964. Le magazine Mensaje soutiendra le gouvernement d'Eduardo Frei (PDC) et son projet «révolution en liberté» jusqu'à 1967. Le deuxième chapitre étudie la désillusion de la revue concernant le projet PDC, ainsi que l'explication de son échec. Néanmoins, la publication confirme l'existence de transformations dans la société chilienne, mais ceci par la multiplication des mouvements sociaux. La dernière partie de cette section étudie le succès de Unidad Popular (Unité Populaire) - l'union des mouvements et des partis de gauche, certains marxistes - lors des élections présidentielles de 1970. La revue finit par analyser la présence éventuelle d'une «extrême-droite fasciste» au Chili. Enfin, le dernier chapitre, commente directement les trois ans de gouvernement de l'UP et son projet de "transition vers le socialisme", en quatre moments: «Situation continentale», «Construction d'un espace social dominant», «Crise de confiance dans le jeu politique des partis» et enfin «Coup d'état (1973)».

EHESS
CNRS

flux rss  Les actualités

Why does Inequality Matter ?

Journée(s) d'étude - Lundi 13 novembre 2017 - 09:00Le lundi 13 novembre 2017 aura lieu la Journée de discussion du manuscrit de Tim Scanlon, Why does Inequality Matter ? avec la participation de l'auteur. Cette journée aura lieu à la Maison Suger, salle de réunion, 16-18 rue Suger, 75006 Paris. Programme9h00 Accueil9h15 9h45h Luc Foisneau (CNRS – CESPRA),  Why should we care about inequality ? (Introduction)9h45 11h Han van Wietmarschen (UCL), Equal Concern & Equal Status (chap. 2 & 3)11h 11h15 Pause café11h15 12h30 Véronique Munoz-Dardé (UCL/Berkeley) et Rowan Mellor (UCL), Procedural Fairness & Substantive Opportunity (chap. 4 & 5)12h30 14h Pause déjeuner14h 15h15 Jean-Fabien Spitz (Paris 1), Political Equality, Liberty & Coercion (chap. 6 & 7)15h15 15h30 Pause café15h30 16h45 Joe Horton (UCL), Desert & Unequal Income (chap. 8 & 9)16h45 17h15 Tim Scanlon (Harvard), Final remarks Les personnes souhaitant participer à la journée devront s’inscrire auprès de Luc Foisneau (luc.foisneau@ehess.fr) et de Véronique Munoz-Dardé (v.munoz@ucl.ac.uk).Institutions partenaires : EHESS – CESPRA – FMSH

Lire la suite

Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis

Colloque - Jeudi 26 octobre 2017 - 09:30Le colloque « Actualité dʼune pensée radicale. Hommage à Cornelius Castoriadis » se déroulera le 26, 27 et 28 octobre 2017 à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et à l'Université Paris 7 Denis-Diderot.Cornelius Castoriadis disparaissait il y a 20 ans déjà, laissant à la postérité une œuvre importante et novatrice. Figure intellectuelle originale, il est à la fois célèbre et méconnu. Son nom est, et reste, le plus souvent, associé au groupe et à la revue Socialisme ou barbarie où, dans les années 1950 et 1960, s’est forgée l’une des analyses les plus lucides des régimes de type soviétique et une critique radicale du marxisme dans l'intention de sauver le projet révolutionnaire. La pensée de Castoriadis est, cependant, loin de se limiter à ce travail de théorie politique. Il a aussi élaboré, à partir des années 1960, une pensée proprement philosophique, révélée pour la première fois avec la publication, en 1975, de son maître-ouvrage, L'Institution imaginaire de la société, complété, par la suite, par les 6 volumes des Carrefours du labyrinthe.A partir de 1980, après avoir été élu directeur d’études à l’EHESS, il tiendra, dans cet établissement, 16 années durant, un séminaire de philosophie. Il y entreprendra une vaste enquête, inséparablement philosophique et historique, consacrée à ce qu’il nommait « la création humaine ». Celle-ci n’est pas, loin s’en faut, indépendante de sa théorie politique. Le projet socialiste, puis démocratique, en un sens radical du terme, se nourrit chez lui d’une pensée du social-historique, selon son expression, qui joue le rôle d’une philosophie fondamentale.Dans les ouvrages publiés de son vivant, Castoriadis traite de sujets de philosophie aussi bien que de politique, de psychanalyse aussi bien que d’économie, de sciences aussi bien que d’histoire grecque. Toutefois, sous cette apparente dispersion, la pensée de Castoriadis possède, sans prendre, certes, la forme d’un système, une grande cohérence. Ses concepts d’autonomie et d’hétéronomie, d’imaginaire social et d’imagination radicale, de chaos et de création, pour citer les plus évidents, informent toutes ses contributions, quel qu’en soit le champ disciplinaire.Le présent colloque proposera, à la fois, un hommage et une discussion sans complaisance. Les intervenants se confronteront à la pensée de Castoriadis en engageant une discussion avec elle.Spécialistes confirmés dans les champs de la politique ou de l’économie, de la sociologie, ou de la psychosociologie, de la psychanalyse ou de la philosophie, ils proposeront moins une évaluation globale de l’œuvre de Castoriadis qu’un examen de certaines de ses analyses en fonction de leurs propres thèmes de recherche et de leurs préoccupations personnelles. Loin des commentaires respectueux, il s’agira, à cette occasion, d’adresser à Castoriadis des questions susceptibles de mettre sa pensée à l’épreuve et, également, d’examiner les voies esquissées par cette pensée qui pourraient être reprises et prolongées de manière fructueuse. En un mot de soumettre à la discussion Castoriadis comme il le faisait lui-même avec les autres et comme il aurait aimé qu’on le fît avec lui – dans un esprit agonistique, parfois de manière polémique, mais, toujours, avec une force persuasive et une passion communicative peu communes.  

Lire la suite

Table ronde autour de Marcel Gauchet

Table ronde - Vendredi 06 octobre 2017 - 14:00Avec Le nouveau monde, quatrième et dernier volume de L’avènement de la démocratie, Marcel Gauchet aborde la transformation d’ensemble qui s’est engagée avec la crise économique des années 1970. Il propose une réponse à l’énigme de la perte de repères de ces dernières décennies : nous vivons la dernière et ultime étape de la sortie de la religion et découvrons en tâtonnant ce qu’implique le principe de la structuration autonome des sociétés. Derrière l’hégémonie de l’économie, la montée de la société civile et les droits individuels comme seule source de légitimité, le politique remplit un rôle instituant mais devenu invisible ; la mondialisation n’est pas seulement celle du marché, mais aussi celle de l’État-nation. En permettant d’articuler les différentes dimensions dans lesquelles se déploie l’expérience de ces sociétés autonomes, le diagnostic pose les bases d’un programme de travail destiné à renouveler l’intelligibilité du monde contemporain.Pour discuter d’un livre véritablement interdisciplinaire, des chercheurs inscrits dans différentes disciplines, de l’économie à la philosophie, engageront un dialogue avec l’auteur.Avec la participation de Marcel Gauchet, Frédéric Brahami (EHESS), Natalie Doyle (Monash University), Gaël Giraud (CNRS) et Nicolas Rousselier (Sciences Po). Débat animé par Sylvain Piron (EHESS)

Lire la suite

Plus d'actualités

Adresse :
105 boulevard Raspail
75006 Paris
 
Métro :
Ligne 12 Notre-Dame-des-Champs
Ligne 4 Saint-Placide
Bus :
Ligne 68
 
Tel : +33(0)1 53 63 51 48
Fax : +33(0)1 53 63 51 50
 
cespra@ehess.fr