Soutenances de thèses

Le mercredi 21 février 2018  

à l'EHESS, 105 Bd Raspail, 75006 Paris, salle 13, à 9h, 

 

Aysegül BOZAN - thèse de doctorat en sociologie :

Engagement des jeunes de l'AKP. La trajectoire de l'Islam politique en Turquie

 

Jury

  • Mme Nilüfer Göle (Directrice de thèse), EHESS
  • M. Hamit Bozarslan, EHESS
  • Mme Elise Massicard, CNRS
  • Mme Buket Türkmen, Université de Galatasaray-Istanbul (Turquie)
 

Résumé

La socialisation politique des jeunes engagés dans le Parti de la Justice et du Développement Adalet ve Kalkınma Partisi, l’AKP- en Turquie et les conséquences de ce militantisme sur leur rapport à l’autre et leur vision du monde sont l’objet d’étude de cette thèse. La question de la relation avec des groupes « d'autruis » -les Kurdes et les alévis- permet  d’examiner le potentiel de démocratisation de l’AKP, parti issu de l’islam politique se définissant comme conservateur démocrate. Présentés auparavant par leur capacité à réaliser la compatibilité de l’islamisme avec la démocratie, le modèle turc et l’AKP, constituent aujourd’hui un cas pour analyser les obstacles à la démocratisation. Grâce à une enquête menée dans huit villes de Turquie -Istanbul, Antalya, Alanya Kayseri, Aksaray, Sivas, Ordu, Van- cette étude examine les trajectoires d’engagement et de cadrage politique des jeunes dans l’AKP. Elle met ainsi en lumière l’absence de transformation du cadre structurel en vue de la reconnaissance des droits de « l’autrui » qui révèle les déficits démocratiques.

 

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Le jeudi 18 janvier 2018 

à l'Institut historique allemand  (8 rue du Parc Royal, 75003 Paris), à 14h

Christophe Rime - thèse de doctorat en Etudes politiques :

Quel futur pour le passé ? Mémoire contemporaine : le retour aux temps mythiques


 

Jury

  • M. Stéphane Audoin-Rouzeau (Directeur de thèse), EHESS
  • M. François Hartog, EHESS
  • M. Bertrand Ogilvie, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
  • M. Pascal Ory, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

 

Résumé

Depuis plus d’une trentaine d’années, l’histoire, et plus généralement les sciences sociales, apparaissent comme bousculées sur leurs assises, brutalisées sur leurs acquis, heurtées jusque dans leurs concepts et leurs méthodes. Cela n’aura échappé à personne, l’histoire, ce métarécit de véridiction, est en perte de vitesse, en proie à une désorientation manifeste. Il semble que ce qu’annonçait Jean-François Lyotard, dans son ouvrage identifiant le postmodernisme en 1979, soit en passe de trouver des conditions favorables de réalisation. À quels phénomènes est due cette métamorphose frappant l’histoire ? Quelles sont les racines de cette mutation de la place des savoirs dans la société ? Est-ce dû à une forme d’accélération de l’histoire, aux déstructurations imposées par le mouvement de la globalisation, ou à ce simultanéisme auquel il soumet un monde de plus en plus connecté ? Sont-ce les crises multiples et de tous ordres qui entraînent également l’histoire dans le tourbillon créé par cette tyrannie du présent que l’historien François Hartog a identifié comme le présentisme ? Ce monde en mutations profondes, lesquelles redéfinissent la place des savoirs au sein des collectivités occidentales, laisse songeur. Quel futur restera-t-il pour le passé ? Quel est l’avenir de la discipline scientifique historique ? Les objectifs de cet essai engagent plutôt à comprendre ce qui est à l’œuvre et se confronte à l’histoire comme discipline, comme rapport au passé également, comme régime d’historicité surtout. Dans cette perspective, l’indice le plus révélateur, le plus signifiant et le plus directement identifiable de cette perte de repère est l’ère de la mémoire qui s’est installée en Occident, depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Excès de mémoire qui a assez rapidement mené au mémorialisme, et à la politique de la mémoire, au polymémorialisme et à l’hypermnésie enfin. Histoire et mémoire, mémoire et histoire. Le débat qui questionne la relation chahutée entre ces deux ennemis complémentaires ne semble pas neuf, pourtant le surgissement massif de la mémoire, au cours du deuxième vingtième siècle, jette les cartes d’une nouvelle redistribution des enjeux, des attentes et usages sociaux du passé, dans ce présent hyperprésent. Une réflexion critique, entre mémoire et histoire, parce qu’il « faut ouvrir un futur au passé », comme l’écrivait le philosophe Paul Ricoeur.

 

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Le lundi 15 janvier 2018 

à l'université de Bucarest  (salle du conseil),  à 10h

Andrada-Mihaela ISTRATE - thèse de doctorat en sociologie :

The Making of a Postsocialist Fact – Caritas and Mutual-Aid Games, Romania, 1991-1994

 


Jury

  • M. Jean-Louis Fabiani (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Lazar Vlasceanu (Directeur de thèse), Université de Bucarest
  • M. Alfred Bulai, Ecole nationale d’études politiques et administratives (SNSPA), Bucarest
  • M. Darie Cristea, Université de Bucarest
  • M. Cyril Lemieux, EHESS
  • Mme Cosima Rughinis, Université de Bucarest
 

Résumé

 

En mobilisant une variété d’inscriptions textuelles et graphiques (documents, articles de presse, publicités et petites annonces, transcriptions d'entretiens, travaux scientifiques et ouvrages de fiction), cette thèse se propose de reconstituer la dynamique des jeux d’entraide dans la Roumanie des années 1990. Les jeux d’entraide ont été associés avec les schémas pyramidaux Ponzi et fonctionnaient selon un principe pyramidal et de redistribution – le succès des inscrits dépendait largement de l’extension du réseau par l’intégration de nouveaux participants. Cette recherche est centrée sur la matérialité des jeux d’entraide, afin de montrer le travail des individus, des objets et des technologies pour leur fabriquer du sens. À cet effet, on a suivi deux axes d’argumentation convergents: premièrement, vu la marginalisation de l’étude des jeux d’entraide par l’histoire récente, la thèse gagne à être lue comme une histoire des jeux d’entraide, surtout de Caritas, dans la Roumanie des années 1991- 1995. Les événements sont repris par ordre chronologique, dans une tentative de faire parler autant les adeptes, que les opposants des jeux d’entraide. Toutes les analyses rétrospectives négligent la dimension temporelle de Caritas, ce qui introduit des biais importants dans l’étude de la séquentialité et des acteurs concernés. Secondement, en partant du grand nombre des participants, des montants mis en jeu et de l’exposition dans les médias, je me focalise sur les rapports de confiance et de pouvoir et sur leur fonctionnement à une grande échelle. Cette thèse met en cause l’une des explications courantes, selon laquelle le pouvoir politique et économique sont la matrice causale qui a souvent servi de grille de lecture pour les transformations de la société et de l’économie roumaines. Inspirée par la théorie de l’acteur-réseau, je propose une notion pragmatique du pouvoir, en le situant dans la manière où les inscriptions facilitent et organisent l’expérience du pouvoir. Le pouvoir se façonne en permanence entre les mains des acteurs qui le traduisent selon leurs objectifs. Ainsi, j’envisage Caritas comme un réseau hétérogène, constitué d’humains et de non-humains qui configurent les possibilités d’action. La confiance est établie à travers des tableaux, des listes des gagnants et de leur témoignages, des photographies, des détails comptables, des « immutable mobiles », tout comme des technologies de la confiance, sous la forme de l’expertise mathématique, de la suspension de l’anonymat, la gestion informatique de l’entreprise, les voix déléguées et les controverses concernant la nominalisation et la catégorisation. La perte de la confiance est un résultat des acteurs travaillant à faire passer pour accompli, un fait qui ne s’était pas encore produit (la faillite de Caritas). Ces procédures de facticité reposent sur l’association de l’ambiguïté avec l’illégalité, l’inflation de chiffres et de rhétorique quantitative, ainsi qu’avec la création d’une division entre les gagnants et les perdants des jeux d’entraide, qui finit par introduire de nouvelles catégories de « personne ».

 

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Le mercredi 10 janvier 2018  

à l'EHESS (salle 3, 105 Bd Raspail, 75006 Paris),  à 9h

Frédéric COHEN - thèse de doctorat en Etudes politiques :

La question du meilleur régime politique à l'épreuve des relations internationales dans la pensée de Raymond Aron

 

Jury

  • M. Pierre Manent (Directeur de thèse), EHESS
  • Mme Monique Castillo, Université Paris-Est Créteil
  • M. Jean-Vincent Holeindre, Université Panthéon-Assas
  • M. Jean-Claude Monod, CNRS
  • M. Philippe Raynaud, Université Panthéon-Assas
 

Résumé


Cette thèse cherche à comprendre pourquoi Aron juge essentiel d’étudier la question du meilleur régime politique à l’épreuve des relations internationales. Il s’agit de s’interroger sur l’ampleur et le sens politique de ce que Raymond Aron appelle le drame humain, en précisant la nature de la distinction entre l’intérieur et l’extérieur, entre la politique domestique et les affaires étrangères qu’il juge essentiel, tout en examinant les rapports complexes qui se nouent entre ces deux domaines de la vie politique. Nous tâchons d’éclairer la signification que revêt aux yeux d’Aron la primauté de la politique dans l’organisation des choses humaines, alors que pourtant l’organisation politique des sociétés modernes lui apparaît essentiellement indéterminée. Ceci nous amène à nous interroger sur la conception aronienne singulière de la démocratie et du libéralisme, au regard des tensions fondamentales de la vie politique entre les réquisits du bon gouvernement et les contraintes du jeu international. L’étude des antinomies de l’action politique, nous conduit à revenir sur les principaux débats entre réalistes et idéalistes au sujet du problème de la guerre et de la paix, qu’Aron examine à travers ses réflexions sur le « problème machiavélien » et « le « problème kantien ». Il s’agit de préciser le sens de la prudence politique selon Aron, en s’interrogeant sur les limites inhérentes à la recherche du meilleur ordre politique qui soit et en tenant compte du défi que représente la menace thermonucléaire.

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Le mardi 9 janvier 2018  

au siège du Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en Sciences Sociales (CEREFREA-Roumanie), à 9h

Doru-Adrian LIXANDRU - thèse de doctorat en histoire :

Le monarchisme carliste dans la Roumanie des années 1930 : Autoritarisme, nationalisme et modernisation

 

Jury

  • M. Stéphane Audoin-Rouzeau (Directeur de thèse), EHESS
  • M. Florin Turcanu (Directeur de thèse), Université de Bucarest
  • M. Radu Carp, Université de Bucarest
  • M. Christophe Prochasson, EHESS
  • Mme Ligia Livada, Université de Bucarest

 

 

Résumé

Les chercheurs en sciences sociales qui ont étudié la Roumanie de l’entre-deux-guerres ont rarement exploré les relations entre monarchisme, nationalisme et modernisation, surtout en ce qui concerne le règne du roi Carol II (1930-1940). Cette recherche explique les limites théoriques des ouvrages sur l’autoritarisme monarchiste, montrant le fait que ce phénomène doit être envisagé non pas comme étant simplement un résultat de la volonté du roi, mais dans un contexte historique et idéologique beaucoup plus large. Nous avons essayé d’enrichir le débat sur une série d’idées fondamentales sur le gouvernement et sur la modernisation dans la Roumanie de cette époque par une analyse de l’idéologie et de la carrière politique du monarque et de ses partisans. Selon l’hypothèse centrale de notre étude, le carlisme roumain devrait être compris comme un mouvement politique qui défend un projet politique moderne destiné à être accompli à travers des réformes nationalistes dirigées par une monarchie autoritaire.     Les plus importants chapitres de la thèse portent ainsi sur la façon dont l’idéologie carliste et la pratique politique carliste développées dans les années 1920 et 1930 ont été centrées sur l’idée d’un leader destiné à faciliter la mise en place d’un programme de régénération nationale. La propagande officielle et les partisans du roi ont toujours présenté les initiatives politiques, culturelles ou sociales de celui-ci comme étant orienté précisément vers cet objectif. Afin d’explorer la manière de laquelle la montée de l’autoritarisme monarchique est légitimée par une série d’idées et de pratiques modernisatrices, cette recherche utilise un cadre conceptuel et analytique lié à l’étude de l’histoire des idées politiques pour essayer de comprendre la nature de la symbiose entre monarchisme et projets de renaissance nationale dans la Roumanie des années 1930.

 

 

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