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Archives de Philippe Urfalino

Séminaire 2015-2016

 

 

Sociologie et philosophie sociale des entités collectives (II) : l’Etat et la nation.

 

Le séminaire a poursuivi l’enquête sur le statut conceptuel des entités collectives, commencée l’an passé avec les corps délibérants. Cette année, une première partie du séminaire a été consacrée à la comparaison systématique de deux philosophies sociales contemporaines ayant en commun de tenir pour réelles ces entités, mais sur des bases opposées : d’une part la philosophie sociale de Vincent Descombes, d’autre part la théorie des groupes agents de Christian List et de Philip Pettit. Nous avons testé la pertinence de ces deux philosophies sociales en regardant comment elles répondent aux quatre questions suivantes : 1) Quel est le mode d’existence des entités collectives ? 2) Quel modèle des relations entre l’entité et ses composantes humaines peut être adopté ? 3) Qu’est-ce qui assure aux entités collectives leur permanence dans le temps, soit leur identité diachronique ? 4) Comment peut-on leur prêter des propriétés spécifiques, notamment la rationalité et la puissance d’agir ?

Nous avons ensuite examiné les spécificités de deux types particuliers d’entités politiques, la nation et l’Etat. La nation a été abordée à partir de la lecture collective de textes, chapitres de livre ou articles, de Mona Ozouf, Jürgen Habermas, Benedict Anderson, Marcel Mauss, Louis Dumont, David Miller, Allen Buchanan, Michael Walzer et Joseph Carrens. Pour l’Etat, nous avons commencé par évoquer les problèmes que rencontre la sociologie de l’Etat pour définir son objet. Cela nous a invité à remonter à la formation historique du concept d’Etat, en suivant les travaux de Quentin Skinner. Le concept d’Etat émergeant au XVIIe siècle a deux versants : un versant négatif, avec le rejet du pouvoir personnel et de la souveraineté populaire, et un versant positif, avec la personnalisation de l’Etat. La dernière partie du séminaire a donc été consacrée à l’analyse de deux conceptions opposées de la personnification de l’Etat, celle de Hobbes fondée sur la représentation (chapitre 16 du Léviathan) et celle de Pufendorf fondée sur la notion de personne morale composée (L.I, chap. 1, L. VII, chap. 1 et 2 du Droit de la nature et des gens).

Nous avons par ailleurs entendu l’exposé de Francesco Callegaro, membre du LIER et chargé de cours à l’Université nationale de San Martin à Buenos Aires, sur la conception Durkheimienne de l’Etat, et celui Melissa Schwartzberg, professeure de Science politique à New York University, sur les procédures de vote au Congrès des Etats-Unis et leur propension à de ne pas favoriser la formation de compromis entre partis.

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